mardi 30 octobre 2012

Mardi 30 octobre - Comme dans un état second - Céline & Marc

Mardi 30 octobre, 17h. L'avion atterrit à Athènes. Le bus qui nous emmène à la place Syntagma a changé de terminus. Trois arrêts plus tôt, le chauffeur nous demande de prendre le métro: "La circulation est bloquée autour de Syntagma"... normal.

Le temps de déposer nos sacs à l'auberge, à l'entrée d'Exarchia, on part jeter un oeil à ce fameux quartier. Premier arrêt dans un petit snack pour boire un coup (il fait chaud, on n'est plus en Belgique!) Le patron ne comprend pas l'anglais. On se débrouille pour lui demander une bière d'ici. Il envoie chercher nos deux bouteilles dans la maison d'à côté: "il n'en reste plus qu'une pour vous deux, ça ira?" On reprend la route et, un peu plus loin, on discute avec une fille qui tient un stand de livres devant une assoc où sont exposés des tableaux d'artistes immigrés: "Ce quartier, c'est le plus dangereux d'Athènes. C'est celui qui ne dort jamais". Elle nous file quelques adresses à l'air sympa qu'on ira découvrir plus tard.

Plus haut dans la rue, on passe devant une enseigne qui nous attire: "Nosotros". On s'y engouffre. Une maison occupée super classe, toute bien décorée et toute propre :) On discute avec quelques anars accoudés au comptoir: "Les photos zapatistes? Ben, c'est pour faire joli :)". La maison occupée existe depuis 6 ans. Ce soir, ils organisent un concert de soutien à une radio libre, Entasi. On repassera plus tard. En attendant, on part reprendre notre exploration du quartier.

En ressortant, on nous avertit: "Il y a des flics dans le squat un peu plus loin: faites attention à vous!" Sur la place, pourtant, les gens attablés sur les terrasses continuent à manger tranquillement, tout a l'air normal... ou presque. On croise un jeune gars, téléphone en main, qui marche vite, puis un autre. Au bout de la place, en effet, une rue est barrée par une rangée de flics en tenue anti-émeute. En face d'eux, un attroupement. Grand silence. On se demande s'il y a des gens dans le squat. On nous répond: "Sans doute. On verra ce qui se passe". On attend. Il y a une drôle de tension dans l'air, qui est là, perceptible mais diffuse, comme fondue dans la normalité du quotidien.

Entre temps, Neal et Alex ont débarqué. On retourne à leur rencontre vers l'auberge. Dans les rues, on croise les flics en motos. Une fourgonnette bleue, à première vue banale, à un coin de rue... remplie de policiers. Au carrefour d'après, des flics contrôlent des hommes étrangers. Avec Neal et Alex, on repart vers Nosotros. Le concert a commencé. Deux gars qui jouent super bien. On se prend une assiette qu'on ne regrette pas du tout et, en sirotant un bon raki, on profite de la soirée. Un camarade de l'OKDE-Spartakos nous interpelle: "Vous étiez au camp des jeunes de la IVe cet été en Catalogne, non?" On se verra demain, avec les copains d'OKDE-Spartakos.

Pour cette nuit, on rentre à l'auberge après un dernier tour du quartier. Plein d'arbres dans les rues et sur les balcons, des chouettes lumières, des bars tous cools, ambiance bobo, des murs remplis de tags et d'affiches militantes. On note quelques dates de rassemblements antifa. Après l'avenue du 28 octobre, changement de style. On croise quelques junkies, dans des rues glauques, avec des bâtiments insalubres et des maisons grillagées. On respire la misère.

Gilles nous rejoint un peu plus tard à l'auberge. On se met à jour sur nos rendez-vous du lendemain. Et on s'endort. Avec une impression d'état second. – Céline et Marc

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